Affichage des articles dont le libellé est dépression. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est dépression. Afficher tous les articles

samedi 24 août 2013

Stéréotypies Partie 6


Avez-vous déjà retrouvé régulièrement comme une spirale dessinée dans le box de votre cheval ?
C'est  le signe d'une stéréotypie, le cheval tourne en cercle dans son box.




Il y aussi le cheval qui tic à l'ours, ou encore  le cheval qui marche de long en large devant une porte ou une clôture laissant des sillons dans le sol.




Le fait de tourner dans son box ou de marcher de long en large résulte d'une tentative d'échapper au confinement. au fil du temps ou lors du même épisode, la distance parcourue durant ces 2 stéréotypies peut décroître graduellement, pour finir par faire juste quelques pas de coté ou des allers-retours devant la porte de la pâture. Éventuellement le cheval peut seulement tiquer à l'ours, ce qui peut correspondre à un condensé final de ces 2 stéréotypies, et peut être interprété comme étant un mouvement d'intention comme marcher ....

Ces comportements peuvent laisser le cheval fatigué, voir apathique.... sans oublier les possibles lésions..

Ref:
Houpt, Mc Donnell 1993 Equine stereotypies The compendium Vol 15 No 9 p 1265


mercredi 31 juillet 2013

Stéréotypies partie 3


L'interprétation scientifique la plus commune est que les stéréotypies commencent comme des activités de déplacement, ou des activités dites vacuums, ou encore des mouvements d'intention.

Les activités de déplacement sont des séquences comportementales qui apparaissent dans un contexte inhabituel. Les réponses de déplacement sont censées se produire lors de conflits de motivation intrinsèque, ou lorsque le but que l'animal s'était fixé ne peut être achevé.
Par exemple si votre cheval est au box et voit tous ses compagnons partir au pré, il peut commencer à marcher de long en large devant sa porte, ou encore commencer à tiquer à l'ours.
Un cheval qui voit passer devant lui les sceaux de nourriture peut commencer à gratter le sol avec son antérieur, le cheval anticipe le fait qu'il va avoir des granulés, mais il n'est pas capable de les atteindre
L'étalon peut voir ou entendre les juments mais ne peut pas les rejoindre, alors il peut commencer à faire des cercles... 

C'est typique pour un cheval montrant du stress, de la douleur ou de la peur de bailler, tourner en rond, piaffer, tiquer à l'ours ou de se mutiler en se mordant ( flanc, poitrail, genoux, épaule, ou même sabot), et moins extrême que l'auto mutilation mais inquiétant tout de même  puisque l'auto mutilation pourrait être la prochaine étape: le cheval qui va faire mine de se gratter, pincer, les flancs régulièrement durant la séance d'entrainement...

Les comportements de déplacement diminuent à mesure que les conditions environnementales stressantes se résolvent.

Voici 2 autres stéréotypies orales, elles sont souvent ignorées jusqu'au moment où elles apparaissent durant les concours de show ou autres...

Cheval qui joue avec sa langue :




Cheval qui sort sa langue :  (encore une fois, certains cavaliers trouvent ce genre de comportement drôle par ignorance, alors que la sonnette d'alarme devrait être tirée)

:


J'aurai aimé en montré une autre mais je n'ai pas pu trouver de vidéos. Il y a donc aussi le cheval qui va prendre le rebord de la porte entre ses dents, et qui va faire glisser ses dents le long tu rebord de la porte.La prochaine fois nous parlerons des comportements vacuums.



Ref: Houpt, Mc Donnell 1993 Equine stereotypies The compendium Vol 15 No 9 p 1265

dimanche 30 juin 2013

La suppression conditionnée

Voici un article qui est paru dans un magazine équestre anglais il y a quelques années déjà... l'idée m'est venue, suite à une vidéo qu'on m'a montrée...(petit clin d’œil, non le cheval n'était pas sous tranquillisant  )

"Parfois les cheveux atteignent un état appelé suppression conditionnée par les comportementalistes. Ces chevaux ont été traités d'une telle façon, qu'ils sont devenus presque comme des robots car, ils ont appris à supprimer leurs réactions naturelles. Ils n'ont pas forcément été mal traités de façon évidente , ils n'ont pas été battus (bien que ça puisse arriver) mais il y a peut-être eu des punitions fréquentes qu'ils n'ont pas pu éviter... Et malheureusement ces chevaux souffrent en silence.

Les gens qui entraînent leurs chevaux à l'aide d'approches basées sur le renforcement positif, n'ont pas forcément pensé avant d'en arriver là, à utiliser le renforcement positif dans leurs entrainements. Bien qu'ils admettent par la suite que c'est horrible quand quelqu'un vous harcèle si vous faites les choses de façon incorrectes et qu'il ne vous récompense pas, même si une toute petite partie est juste. Les gens font aux chevaux ce qu'ils ne feraient jamais à un chien ou bien à un chat... Alors pourquoi cela arrive ?
Les gens persistent dans cette approche (punition/renforcement négatif) parce qu'il y a un manque d'informations précises. S'ils ne réalisent pas la détresse qui est causée au cheval, ils ne réaliseront pas à quel point cette situation est difficile pour le cheval.

C'est regrettable que les chevaux ne puissent pas crier ou gémir quand ils sont en détresse parce que pour nous en tant qu'humain un stress qui induit des sons vocaux, est souvent un indicateur primaire pour évaluer la souffrance animale.

Des chevaux silencieux ne veut pas dire nécessairement des chevaux heureux. Mais en tant que propriétaire de chevaux, avec aucun critère évident pour mesurer la souffrance, ou si le cheval est heureux, dans l'ensemble notre manque de connaissances de la situation prévaut.

Il y a aussi tellement d'informations trompeuses autour de nous. Beaucoup d'entraineurs disent que personne ne devrait utiliser de punitions sur les chevaux, et qu'ils ne le font jamais alors que leur méthode en est pleine... C'est juste qu'ils ne comprennent pas ce qui définit la punition. Et plus important encore, parce qu'ils ne comprennent pas les effets des punitions, ils continuent à l'utiliser


Des scientifiques ont placé des rats dans une cage et leur ont enseigné que s'ils appuyaient sur un levier ils recevraient de la nourriture... c'est une chose très facile à enseigner... ensuite occasionnellement, les scientifiques ont fait déclencher une sonnerie sur 1 minute et dès que la minute était passée le rat recevait un choc électrique... Ce qui s'est passé pour les rats ensuite est très important pour nous et l'entrainement de nos chevaux. Très peu de temps après les scientifiques ont remarqué qu'a la seconde où les rats entendaient la sonnerie, ils arrêtaient toutes activités. Au début ils courraient dans la cage pris de panique, mais après quelque temps, ils attendaient recroquevillés car, ils avaient appris qu'une fois la minute terminée ils recevraient un choc. une fois que le choc avait pris fin, ils retournaient à leurs activités normales... Ce qui était surprenant pour les scientifiques ce n'étaient pas la peur que les rats montraient quand ils allaient recevoir le choc... mais qu'ils avaient stoppé tous leurs comportements normaux durant la minute précédent le choc. Assurément les rats auraient pu continuer d'explorer et de manger durant la minute précédant le choc.Après tout ils avaient appris que le choc venait après la fin de la minute, alors pourquoi s'en soucier avant?

Ce qui s'est passé, est que les rats ont montré ce que les scientifiques appellent la suppression conditionnée. les rats ont appris (ont été conditionné)à supprimer tous les comportements parce qu'il y aurait une punition inévitable.
Ils ont appris qu'ils ne pouvaient rien faire pour l'éviter.

Les humains montrent aussi souvent de la suppression conditionnée. Imaginez que vôtre patron passe derrière votre bureau et vous dise : je ne suis pas content de votre travail, je veux que vous passiez dans mon bureau dans une heure. qu'est-ce qui vous arrive? vous allez aussi tomber dans un état de suppression conditionnée... Au lieu de passer la prochaine heure à travailler sur quelque chose de façon productive, vous allez probablement perdre votre temps à votre bureau attendant les remontrances inévitables de votre boss....

Il y a l'histoire de ce cheval de 8 ans, qui est arrivé dans un centre de sauvetage pour chevaux, le propriétaire expliquait que sur le marché du cheval il valait plus de 20 000 livres mais que la vente ne s'étant pas faite, elle ne voulait plus de lui... Mais pourquoi ? un vétérinaire a été appelé pour voir le cheval mais aucune anormalité physique évidente n'a été découverte, il est resté en observation durant plusieurs jours, mais il n'y avait pas signe de comportements anormaux. Il a été testé par un cavalier et le cheval s'est montré doux. Nous l'avons alors pris avec nous, et il s'est avéré que ce cheval souffrait de suppression conditionnée. Il attendait là, immobile et ne bougeait aucun muscles quand les gens étaient autour... Nous avons l'habitude de ne pas attacher nos chevaux pour les préparer, mais ce cheval a été habitué à être attaché toute sa vie et déjà sans aucun entrainement il était capable d'attendre immobile. Il ne montrait aucun intérêt pourquoi que ce soit,ni pour qui se passaient autour de lui... on pouvait le brosser, lui prendre les pieds, le seller... attendant là, réagissant à rien.

On serait tenté de dire que c'est un cheval parfait. Mais la réalité est qu'il avait souffert de tant de punitions dans son précédent entrainement que juste comme les rats, il avait appris qu'il n'y avait aucun moyen de s'échapper. Loin d'être parfait, il avait appris à se comporter comme un bon petit soldat. Pour lui, la présence d'humains n'était juste que la sonnerie qui retentissait juste avant le choc. Pour ce cheval, les humains signifiaient que des choses déplaisantes et désagréables allaient arriver inévitablement. Comme pour les rats, il avait appris à faire face en n'offrant jamais quelque chose de créatif ou volontaire. C'est comme s'il s'éteignait quand il y avait des gens...
La suppression conditionnée dont souffrait ce cheval nous ai apparu si profonde, qu'un jour, quelques mois après sa venue, quand quelqu'un lui faisait les pieds, il a vu le troupeau de chevaux (dont il fait partie) descendre dans le pré... dans son état psychologique, il ne lui aurait jamais traversé l'esprit de courir après son groupe qui disparaissait au loin derrière la colline. Mais ce jour-là il hennit ... de beaucoup de façon cette vocalisation était le signe qu'il allait mieux, après tout c'était le premier comportement volontaire qu'il montrait en présence d'humains.

Plus vous apprendrez à observer plus vous deviendrez conscient qu'il y a plein de chevaux qui vivent dans un état de suppression conditionnée. Il est facile de repérer un cheval effrayé, paniqué mais comme il est facile d'ignorer celui qui montre de la suppression conditionnée.
Le "parfait" poney d'école, qui ne fait jamais un faux pas, qui semble si sur, appelé aussi "assurance-vie" est souvent en réalité dans un état de suppression conditionnée. Ils font ce qu'on leur demande, mais n'offrent pas plus. Ils ne semblent pas avoir de personnalité, comme si ils éteignaient leurs émotions créatives pour faire face à un inévitable régime d'entrainement déplaisant

Ce cheval qui a été sauvé, a connu une vie de compétition, il a été dressé, transporté, a participé à des compétitions, a vécu en box, sous un régime constant de renforcement négatif et de punitions d'où il ne pouvait s'échapper. Mais allumez la télévision, lors des courses de chevaux, vous allez voir des centaines de chevaux de course qui sont dans état de panique ou de suppression conditionnée. C'est une suppression conditionnée classique, le cheval panique ou est agité en premier lieu, puis vient la soumission...

Malheureusement pour les chevaux, le moment où ils commencent à montrer de la suppression conditionnée est exactement le moment ou l'entraineur pense que le cheval est entrainé correctement. Cependant un cheval qui ne montre jamais d'intérêt pour ce qui se passe autour de lui est en réalité en train de lutter pour faire face.
Il y aussi tant d'outils sur le marché qui causent de la suppression conditionnée. Est-ce que le cheval qui semble accepter la bride, le mors, la selle est vraiment relaxé ? ou a-t-il appris que quand le propriétaire apparaît avec ces équipements , il n'a pas la possibilité de s'échapper et que ce qui arrive est inévitable.
D'un point de vue scientifique, nous savons que la suppression conditionnée a un rôle vital pour aider les animaux à survivre. Cela peut sembler fou mais le cheval apprend à adapter son comportement en présence des gens parce qu'en montrant seulement des comportements de soumission, il pense qu'il peut éviter une situation encore plus mauvaise.

Cependant, les scientifiques savent que cet état à un prix, notamment sur la santé..." un cheval dans un environnement inadéquat (box, isolation, pas la possibilité de se déplacer et de se nourrir 18h par jour) en combinaison avec un entrainement stressant basé sur le renforcement négatif aura tendance à souffrir de stress chronique, ce qui augmente les réactions inflammatoire et décroît le système immunitaire, ce qui peut en partie expliquer pourquoi certains chevaux tombent malades plus souvent....



Vous connaissez peut-être un cheval dans votre club qui semble être "parfait" mais comment pouvez-vous reconnaître si ce cheval qui semble si "bien élevé" souffre en fait de suppression conditionnée?

La suppression conditionnée implique 2 choses cruciales pour le cheval:

1) des choses désagréables arrivent assez fréquemment pour que le cheval les reconnaisse quand elles se présentent

2) le cheval apprend que ces choses désagréables sont inévitables et il ne peut pas s'en échapper.

Nous avons dit aussi que la suppression conditionnée se présente comme ceci:
a) le cheval arrête d'être créatif ou d'offrir des comportements volontaires
b) le cheval abandonne, donc, si vous suivez ces définitions attentivement, vous devriez être capable d'avoir une réponse fiable (cependant les scientifiques ne se contentent pas de l'observation des animaux mais font aussi des analyses de biochimie)
c) observer le comportement du cheval quand le cavalier le prépare pour être monté, est-ce que le cheval montre beaucoup d'intérêt dans l'équipement qui apparaît autour de lui, ou il semble ignorer ce qui se passe?
d) même s'il est attaché est-ce qu'il fait face au mur, ou essaye-t-il de regarder ce qui se passe autour de lui?
e) si vous offrez quelque chose de spécifique pour qu il joue avec pendant que vous le préparez est-ce que le cheval vous ignore? par exemple si le propriétaire selle son cheval, vous pouvez présenter une brosse à ce cheval afin qu il puisse la sentir, l'explorer, la toucher
f) observer le cheval pendant qu il est monté, est-ce que la représentation est terne, ou semble être robotique?
g) est-ce que le cavalier utilise seulement le renforcement négatif?
h) est-ce que le cheval répond pauvrement quand le cavalier serre les jambes ou le talonne, ou même ignore la cravache et les éperons? ou est-ce que le cheval fait ce qui lui est demandé machinalement?
i) une fois que le cavalier est descendu est-ce que le cheval reste immobile et sans réaction quand le cavalier le déselle?

Pour savoir si vous êtes objectif dans votre évaluation, c'est toujours une bonne idée de noter sur 10 les comportements (0 très pauvre 10 excellent)Par exemple un poney qui chemine de façon éteinte avec la tête qui pend, aura une note de 1 ou 2 pour ce comportement de suppression quand il est monté.


Source: horse and rider magazine par Heather et Ross Simpson.

Box ?

Un gros chien dans un appartement ? Oui peut être mais avec beaucoup de sorties... Un gros chien enfermé dans les toilettes 23H sur 24H? Quelle idée saugrenue... et pourtant si on regarde bien qu'en est-il pour nos chevaux ?

Les chevaux sont des animaux extrêmement sociables qui vivent en groupe.
Cependant beaucoup de chevaux vivent en box, et font face à une isolation sociale, ce qui met en jeu leur bien-être physique et psychologique. 

Garder un cheval dans un box, ne lui permet pas de satisfaire ses besoins (fuir si il a peur, le contact avec les autres chevaux, manger 18h en se déplaçant...) mais aussi nuit à sa forme physique en dépit des entrainements prodigués par le cavalier.

Parlons de leurs besoins... les chevaux vivent en groupe, et ont tendance à fuir face au danger, en vivant dans des box, ils n'ont pas la possibilité d'interagir avec leurs compagnons, ni de fuir si le besoin s'en ressent. Une maison pour nous peut représenter la sécurité. Mais pour un cheval un box est un espace dont il ne peut s'échapper, pour un animal qui fuit face au danger, ce n'est pas l'idéal... il se peut alors que le cheval ne se sente pas vraiment en sécurité..Un sentiment d'insécurité influe sur le sommeil, l'humeur... Un cheval qui ne dors pas bien, aura plus de difficulté à apprendre... . 

Un cheval passe environ 18h à brouter mais aussi il passe 10% de ce temps à manger des branches, brindilles... Au box les chevaux reçoivent souvent des granulés et un peu de foin, nous sommes loin des 18h... les granulés sont mangés très rapidement ... le système digestif du cheval n'a pas été conçu pour ça, ce qui peut mener à des dysfonctions du système digestif tel que des ulcères gastriques des muqueuses (Vatista et al 1999). Dans une étude chez les chevaux de courses 82% d'entre eux avaient des ulcères.

Les chevaux mangent en marchant, et sélectionnent le type d'aliment dont ils ont besoin. Les chevaux vivant en box, ne peuvent pas non plus remplir ce genre de besoin.

Un cheval peut faire jusqu à 30 km par jour et même jusqu'à 80 km pour "explorer son habitat". Un cheval vivant en box et étant sorti 1 ou 2 heures par jour au paddock, pour compenser passera plus de temps à se dépenser, ce qui peut augmenter les risques de blessure... Si le cheval ne sort pas au paddock mais est travaillé par son cavalier, on passe d'une période d'inactivités prolongée à un exercice plus ou moins soutenu qui favorise les dommages des fibres musculaires (McLean 1973). (MacLeay et al. 1999)

Une des raisons majeures de ce choix ( la vie au box) , vient du fait que les propriétaires pensent que s'ils mettent leurs chevaux avec d'autres chevaux, ils auront tendance à se blesser si jamais les chevaux venaient à se battre. Néanmoins, dans des conditions naturelles, les blessures sérieuses lors d'affrontements sont rares.Pourtant bon nombre de propriétaires, de cavaliers peuvent témoigner d'un nombre d'agressions élevé dans certains groupes de chevaux... mais pourquoi? 

Le plus souvent le management du lieu de vie du cheval est inapproprié: 
pas assez de ressources, et/ou ressources présentées de façons inappropriées(notamment pour la nourriture et l'eau), la taille du groupe, trop d'individus dans un espace limité, individus qui n'ont jamais appris les codes sociaux, individus qui changent souvent de groupes ... la liste est plutôt longue...

Il en est de même pour les entiers, une des croyances populaires est qu'ils sont naturellement agressifs envers les autres chevaux. Comme ils sont généralement isolés, et qu'on essaye occasionnellement de les mettre dans des groupes, les croyances deviennent réalités. Les entiers qui sont élevés dans des groupes familiaux ou avec d'autres entiers, présentent un taux d'agression bas et peuvent être très protecteurs envers leurs poulains.

Il faut savoir, que la privation sociale peut augmenter les agressions envers les autres chevaux mais aussi des comportements non désirés peuvent survenir durant le travail (cheval qui mord, ou qui botte son proprio durant le travail  (Rivera et al.2002; Sondergaard and Halekoh, 2003; Sondergaard and Ladewig, 2004).

Dans une étude ou de jeunes chevaux ont été mis en box pour la première fois (Visser et al 2008) il est apparu que 67% des sujets ont effectué une ou plusieurs stéréotypies (les stéréotypies : tic de l'our, tic a l'appui etc.) . Ce taux très élevé, reflète des conditions environnementales impropres, de plus cette étude suggère que de l'isolation découle la dépression.

Dans une autre étude, les chevaux qui étaient en box, ont eu besoin d'un temps nettement plus élevé pour s'habituer aux activées de l'entrainement, tel que le montoir, que les chevaux qui vivaient au pré. Il est à noter aussi que les chevaux vivant aux box ont montré plus de comportements indésirables... (Rivera et al 2002)

Et qu'en est-il de la locomotion des poulains mis au box? Dans l'étude de (Back et al 1999)les poulains à la pâture peuvent trotter la même distance avec moins de mouvements des articulations et ont donc une plus grande efficacité de coordination entre les membres.

Mot pour la fin, en Angleterre, il y a eu une campagne, où les propriétaires de chevaux devaient remplacer le mot box par cage... grâce à cette campagne, il y a eu certaines prises de consciences....

Auteur: Agnès Ppdt.

La posture des chevaux peut-elle nous donner une idée de leur bien-être?


Cette étude nous informe que bien qu'une intention considérable a été portée aux vices, il y a peu d'intérêt concernant les états chroniques où les chevaux s'éteignent, deviennent apathique ou encore sans réactions...
Plus encore il a été récemment suggéré que les expériences négatives liées à l'entrainement peuvent s'ajouter aux effets des différents managements et mener les chevaux à un comportement de "désespoir".
Les chevaux pourraient être un modèle utile pour étudier la dépression chez les animaux.

Les chevaux domestiques font face au stress chronique, y compris durant le travail où ils peuvent faire face a un stress potentiel, ce qui peut induire des troubles du comportement (par exemple, «de l'apathie» ou comme on dit un cheval éteint).

Les comportements de 59 chevaux de centre équestre ont été observés.

"Nous avons observé le comportement spontané, de 59 chevaux de travail dans leur milieu de vie, en se concentrant sur les périodes d'immobilité avec d'apparentes absences de réaction quand les chevaux affichaient une posture atypique (appelé ci-après "être en retrait")"

Ils ont évalué ces chevaux sur leur réactivité à leur environnement, leur niveau d'anxiété, et leur niveau de cortisol (indicateur de stress). 24% des chevaux, ont présenté ce comportement de retrait, caractérisé par une fixité du regard, des oreilles et de la tête, ce qui suggère une expression spontanée d'un "comportement de désespoir". Il y avait aussi une posture atypique où le poids du corps se portait vers l'avant.

Ces chevaux se sont montrés plus indifférents aux stimuli de leur environnement (visuel, tactile) mais ont montré plus de réactions émotionnelles, dans des situations plus difficiles.

Comme pour la dépression chez les humains, les chevaux montrent de l'apathie, une perte d'intérêt, un niveau d'anxiété plus élevé. Les femelles seraient plus touchées. Cependant des aspects génétiques liés à la race seraient à prendre en compte.


Sur la photo (ci dessous)
a) en retrait
b) un cheval a l'arrêt qui observe quelque chose
c)un cheval au repos.

La posture de retrait est caractérisée par une hauteur similaire de l'encolure et du dos (l'angle de la nuque, du garrot, et du dos forme un angle approximatif de 180°) et l'encolure doit être étirée (l'angle mâchoire encolure, doit former un angle obtus (plus grand qu'un angle droit)) cette posture se distingue des postures liées à l'observation de l'environnement (l'encolure est plus haute), et celle du repos, lorsque les yeux sont presque clos et l'encolure du cheval est plus ronde.





Source: Carole Fureix, Patrick Jego, Séverine Henry, Léa Lansade, Martine Hausberger (2012) Towards an Ethological Animal Model of Depression? A Study on Horses, Plos one 7(6): e39280. doi:10.1371/journal.pone.0039280